Nous nous réveillons après une bonne nuit passée sans avoir souffert du froid, finalement… Voilà, c’est notre dernière journée « tous seuls ». Nous nous préparons. Les
chaussures ont encore un peu séché, mais Isabelle et Soline craignent qu’elles soient encore trop humides pour que les talonnettes tiennent de nouveau correctement. Elles décident donc de faire
la journée sans talonnettes, tout en sachant qu’elles auront sûrement bien mal aux pieds en fin de journée. Tant pis.
Thierry POIRIER vient nous saluer le matin avant notre départ, nous posant quelques
questions sur notre aventure et sur l’itinéraire de nos deux dernières étapes.
François nous emmène ensuite pour que nous reprenions le Chemin à l’endroit où nous l’avions arrêté hier, sous le soleil et le vent fraîchissant, puis il repart pour retrouver Nicolas resté à
l’étape avec le matériel. Ils nous rejoindrons pour ce que, selon la légende, le général Eisenhower aurait nommé « plus beau kilomètre de France »…
Le chemin pour quitter la ville serpente à flanc de
rocher, entre hautes herbes, buissons et jardinets de maisons. Les points de vue sont saisissants, nous laissant croire que nous sommes dans quelque île exotique plutôt qu’en Normandie ! Le
soleil donne à la mer des couleurs éblouissantes et la végétation semble livrer une bataille incessante contre la roche…
Nous descendons finalement sur la plage pour marcher de nouveau quelques temps sur le sable, mais
le bord de mer est assez urbanisé à cet endroit et le chemin nous amène vite à quitter la côte pour entrer un peu plus loin dans les terres. Nous devons malheureusement marcher assez longtemps
sur le macadam et même si nous ne suivons que de petites routes tranquilles et très agréables, la douleur commence de s’emparer des pieds de Soline et d’Isabelle. Elles espèrent que l’itinéraire
nous remettra bientôt sur un chemin plus confortable pour les pieds, mais ce n’est malheureusement pas le cas, et plus les kilomètres passent, plus cela fait mal, dans les pieds, les chevilles,
les tibias, mais aussi le dos, les hanches. Les talonnettes leur font bien défaut, et il leur faut serrer les dents pour poursuivre jusqu’au moment de la pause déjeuner. Nous comptons aller
jusqu’à Carolles, afin d’avoir fait une bonne partie du chemin avant de nous restaurer.
Nous arrivons enfin à un premier point de vue sur
Carolles-Plage au bord de mer. Il était plus que temps, et Soline se laisse tomber sur le banc qui se trouve là. Isabelle s’assoit également. Tous les autres font de même, regardant l’itinéraire
pour savoir si nous allons manger à cet endroit ou pas. La douleur décide finalement à notre place : Soline ne repartira pas avant d’avoir mangé, fait une pause, et surtout, remis ses
talonnettes dans ses chaussures enfin sèches ! Elle et Isabelle se déchaussent pour soulager leurs pieds, faire sécher leurs chaussures. Chacun s’installe confortablement comme il peut, se
mettant à l’aise avant de manger.
Nicolas et François prennent contact avec nous pour nous localiser et nous rejoindre pour manger. Didier tente
de leur expliquer où nous sommes, mais ils doivent nous recontacter plusieurs fois avant de réussir à trouver l’endroit où nous nous sommes arrêtés. Une fois arrivés, ils sont tous contents de
nous montrer leurs achats de la matinée : des grelots en laiton pour mettre sur leurs bourdons, les pèlerins s’en servaient pour éloigner le mauvais sort !
Isabelle et Soline racontant leurs déboires avec leur
chaussures en l’absence de talonnettes, Nicolas leur propose de les remettre en place et de les coller afin qu’elles ne bougent plus. Voici une
proposition bien agréable, le reste de l’étape sera sûrement moins pénible grâce à cela !
Nous terminons notre pause repas par une bonne sieste au soleil, de manière à reprendre des forces pour pouvoir savourer
le chemin que nous parcourrons cet après-midi : nous tenons tous à profiter au maximum de ce fameux « plus beau kilomètre de France » !... François et Nicolas repartent alors
que nous nous laissons aller au sommeil, ils vont aller se changer et remettre leurs habits de 1458 pour se joindre à nous pour ce tronçon de l’étape.
Nous sommes bien installés à nous reposer, mais il
faut repartir, il nous reste tout de même du chemin à parcourir avant de rejoindre notre point d’étape de la nuit. Dès que le groupe repart, Soline et Isabelle peuvent apprécier le changement net
des sensations sous leurs pieds, grâce aux talonnettes remises en place par Nicolas. Quel soulagement ! Elles vont vraiment pouvoir profiter des beautés du chemin de cet
après-midi !...
Nos pas nous emmènent descendre
un escalier, rejoindre la plage sans y poser nos pieds, puis remonter un autre escalier pour gagner un point de vue et la table d’orientation. Là nous attendent Nicolas et François, prêts à
marcher avec nous, en tenue médiévale. Un moment de contemplation de l’horizon : eh oui, nous venons de la bas, la pointe de Granville ! Déjà si loin sur l’horizon ensoleillé…! Et nous
nous élançons, pour la première fois au grand complet, sur le chemin… Sillonnant d’abord à flanc de falaise dans les hautes herbes, nous voyons peu à peu la végétation se transformer, paysage
escarpé et sauvage dans lequel nous nous enfonçons peu à peu. La pierre est à fleur de sentier, chaotique, et les ajoncs nous forment une haie
d’honneur lumineuse, parmi les arbustes et fleurs sauvages.
Nous nous sentons étrangement comme sur une île,
exotique ou provençale, on ne saurait dire, mais à tout point de vue époustouflante et déroutante. Nous avançons, descendant en fond de vallée dans l’étonnante brèche taillée d’un coup dans la
roche, sous un soleil éclatant, puis le chemin tortueux et abrupt remonte de l’autre côté du petit ruisseau discret qui gazouille et chantonne. Nous nous retrouvons de nouveau au sommet de la
falaise, d’ou le point de vue sur la mer est admirable. La nature s’offre à nos yeux, parée d’un magnifique nuancier de bleus, de verts et de gris parsemés du jaune soleil des ajoncs et des
genêts. Le sentier suit de nouveau la falaise et nous arrivons enfin en vue de la cabane Vauban, et de là… la
Merveille… Enfin !... Le but de notre périple se dessine à nos yeux, le rocher de l’Archange encore dans le lointain, entouré comme depuis l’éternité par une mer d’eau ou de sable, selon le
moment de la marée. Moment magique, instant d’émotion. Nicolas et François nous improvisent un petit interlude qui nous fait tous rire, en campant les personnages de deux supers héros nés de leur
imagination ce midi, super héros nommés Bâtonman et Robinet, dont la mission est de protéger les pèlerins…! Didier lui se recueille silencieusement pour goûter l’instant… Chacun trouve sa manière
d’immortaliser le souvenir de ce lieu et de ce moment dans sa mémoire.
C’est à cet endroit que Nicolas et François nous
quittent pour rebrousser chemin et récupérer le van là où ils l’ont laissé. Nous poursuivons à cinq le chemin qui va nous rapprocher chaque pas d’avantage du Mont St Michel. Tantôt visible,
tantôt caché par les genêts, le rocher semble nous attirer inexorablement, perdu entre les flaques d’eau aux reflets irisés répondant aux nuages, tableau mouvant de grisaille et d’ocre liquides…
Nous continuons notre progression sur la falaise escarpée encore un bon moment avant de rejoindre la route et de bifurquer vers l’intérieur de la campagne : Champeaux n’est plus loin, nous
sommes bientôt arrivés. Nous parcourons tranquillement les petites routes, la fatigue est là, mais nous goûtons pleinement ces derniers moments de voyage en petit groupe. Nous savons tous que ce
soir, d’autres pèlerins vont nous rejoindre pour le dernier jour, et que l‘arrivée en vue du Mont à la cabane Vauban aura été pour nous la « vraie » arrivée de notre pèlerinage intime.
Nous demandons notre route, et nous endurons silencieusement les derniers kilomètres de macadam de la journée. Nous voyons soudain Nicolas et François devant l’entrée d’une ferme équestre, nous y
voilà ! Nous sommes arrivés chez Thierry JOLLY qui nous accueille en souriant chez lui pour cette nuit.
Nous nous présentons et il nous emmène vers la grange où nous allons dormir. Notre hôte est charmant, plein de bonne humeur et de
joie à partager, il nous présente son domaine, mais aussi ses amis à quatre pattes : Litchi a cochonne vietnamienne, Astra le chien, Cocaïne la gentille chatte écaille de tortue, mais aussi
les lapins, les cobayes, la famille de souris nichée dans une mangeoire, les chevaux Tarpan paisibles et séduisants, etc. Thierry JOLLY aime les animaux, aime la nature, et ne regrette pas, bien
au contraire, d’avoir un jour élu domicile en pleine campagne, ici.
Il nous a gentiment installé tables et bancs, des matelas dans un box, et du foin dans une superbe charrette.
D’autres bottes de foin sont à notre disposition pour nous installer un nid douillet comme nous le souhaiterons, que pourrions-nous désirer de mieux ?
Ce soir, cinq personnes doivent nous rejoindre pour passer la soirée et le dernier jour de notre route avec nous : Laurence,
ainsi que Noëlle et Florent, Stéphanie et Matthieu, des amis du Nord de la France que notre projet a séduit et qui ont eu envie d’en partager un petit morceau. Nous installons donc nos affaires
avant de préparer à manger pour les accueillir au mieux lorsqu’ils arriveront. Soline et Nicolas décident de s’installer dans la belle charrette, ils vont la partager avec Didier et
Isabelle, qui arbore un sourire lumineux rien qu’à penser à la nuit savoureuse qu’elle va y passer. François choisit le tombereau à balayer pour y passer la nuit avec Laurence, mais sans foin en
raison de ses allergies. Elise et Sylvain, eux, se réservent les bottes de foin pour s’y construire un petit fortin !
Ces installations terminées, chacun se détend, vaque aux occupations nécessaires, visitent, etc. à sa guise. Nicolas s’installe pour
confectionner deux masques de cuir que lui et François comptent arborer pour faire une surprise aux « nouveaux » demain. François part finalement pour aller chercher Laurence afin
qu’elle trouve facilement le lieu de l’étape. Et le repas est prêt lorsque les Nordistes arrivent après de longues heures de voyage pour nous rejoindre. Rires et sourires, joie des retrouvailles
après de longs mois sans s’être vraiment vus, et puis mille et une questions qui fusent de part et d’autre, la bulle vient d’éclater, s’ouvrant d’un seul coup au monde extérieur … Nous racontons
nos aventures à qui veut l’entendre, les nouveaux venus en sont friands. Ce que nous racontons rappelle à Florent et Noëlle leur propre vécu, il y a quelques années, sur une partie du Chemin de
St Jacques du Puy vers Compostelle. Souvenirs et expériences croisées… C’est en devisant gaiement que nous passons la soirée, nous réchauffant de convivialité et de partage sous cette grange
simple et accueillante.
Mais le temps passe si vite, il nous faut aussi penser à dormir ! Chacun va s’installer le plus confortablement du monde dans
son nid de fortune. Les Nordistes trouvent asile dans le box, sur les matelas. Des rires percent cette nuit sans étoiles, certains auront du mal à dormir. D’autres feront raisonner l’atmosphère à
grand renfort de ronflements… Mais finalement, les corps et les esprits fatigués sombrent bientôt dans un profond sommeil…
Aujourd’hui, comme prévu, Elise et Sylvain ne marcheront pas. Ils auront la charge de tout ranger, charger le van, et contacter la halte de ce soir. Entre temps, ils nous rejoindront
pour la pause du midi. Elise préfère en effet laisser reposer sa cheville afin de pouvoir terminer le pèlerinage dans les meilleures conditions qui soient, et Sylvain souhaite profiter de la
journée avec elle puisqu’il s’agit pour eux de leurs vacances.
Nous suivons la plage en devisant gaiement, contents que Nicolas soit de nouveau
des nôtres, et puis que François partage un peu notre expérience de marcheurs… Nous sommes sereins face à cette journée car nous allons faire essentiellement de la marche sur le sable et le temps
est clément. Le paysage maritime a changé, et nous réalisons vite que ne pouvons finalement pas toujours suivre le sable en raison du niveau où arrive l’eau. De nombreux éboulis de sable et de
végétation montrent également à quel point la mer peut avancer sur la terre. Mais les bords déchiquetés du chemin mêlés aux buissons torturés forment un paysage splendide… Les fleurs sont
nombreuses, colorées et contrastées parmi les herbes délavée par le sel et le soleil. Nous découvrons même une magnifique orchidée sauvage qu’aucun d’entre nous n’avait rencontrée avant, sûrement
une «
La présence d’un petit havre nous oblige à prendre quelques petites routes dans la
campagne maraîchère du bord de mer. Les coquelicots nous saluent joliment, et les légumes frais dans les champs font envie à nos estomacs pourtant matinaux. Nous nous dirigeons maintenant vers le
Havre de la Vanlée : nous allons passer à sec la route submergée que nous avons vue hier soir… ! Comme c’est étrange de voir ce matin le décor totalement différent, les prés salés, la petite
rivière bien sage, et la route totalement sèche ! Seuls coquillages, traces d’écume de mer déshydratée, et autres os de seiches abandonnés par le courant dans les herbes témoignent de la
submersion des lieux.
Chacun déguste en marchant, Elise et Sylvain nous accompagnent sur quelques
centaines de mètres. Sylvain, en tenue du XXIe s. avec son sac à dos, dénote dans notre paysage pèlerin ! Il leur faut de toute manière retourner au véhicule, et nous nous les quittons pour
poursuivre vers Granville.
Arrivés au centre de loisir, nous nous installons confortablement sous le hangar
prévu, avec quelques craintes vis-à-vis de la fraîcheur de la nuit vu l’ouverture du hangar, mais nous ne sommes plus à cela près… Par contre, lorsque nous voulons tester le fonctionnement des
douches, quelle n’est pas notre surprise : uniquement de l’eau froide, l’eau chaude n’a pas encore été mise en route pour la saison ! Heureusement, il y a ici un gardien, que Sylvain et Nicolas
vont chercher. Ce monsieur ne saura guère faire mieux face au chauffe-eau, il faudrait des professionnels ! Ennuyé, cependant, de ne pas pouvoir nous installer l’eau chaude, il s’arrange pour
nous mettre aimablement à disposition les sanitaires du personnel du centre ! Grand merci, quel réconfort avant la nuit !...
Aujourd’hui, les chaussures ne sont cependant pas totalement sèches loin de
là. Soline et Isabelle ont toujours leur problème de talonnettes qui se déplacent à cause de l’humidité et qui créent des pincements au talon, et donc des ampoules (les autres n’ont pas ce
problème, heureusement pour eux !), elles décident de les remettre tout de même, en espérant qu’elles ne bougeront pas trop. Nous commençons enfin à marcher, avec la ville de Coutances comme
point de rendez-vous pour ce midi, sous le soleil : du baume au cœur…
Nicolas et François nous attendent depuis un bon moment à Coutances lorsque nous y
arrivons enfin. Nous finissons cette demi-étape avec du macadam, chose normale pour une entrée de ville, mais toujours douloureuse pour nos pieds éprouvés. Soline et Isabelle ont assez mal au
talon, à cause de leurs talonnettes, et ne songent qu’à arriver à la Cathédrale pour se poser. Chacun ses « priorités » : après les difficultés rencontrées pour se repérer sur
l’itinéraire, Didier et Sylvain devisent quant à eux ardument pour savoir sur quelle route nous nous trouvons et ne sont pas d’accord ! Allez les hommes, peu importe, l’important, ce sera de
s’asseoir !
Tout le monde déchausse pour continuer de faire sécher les chausses et
chaussures. Soline retire les talonnettes ne sachant pas si elle les remettra cet après-midi. Elise discute avec Sylvain de son arrêt à ce stade de l’étape. Nous nous restaurons cependant tous
avec appétit et bonne humeur car nous sommes tous réunis, le ciel est clément et nous en sommes heureux. Nous devisons les uns les autres de nos maux de pieds ou de jambes, après cette demi-étape
très goudronnée, et Elise annonce qu’elle s’arrête là pour aujourd’hui et qu’elle ne marchera pas demain : elle et Sylvain loueront une voiture pour être autonome et se reposer. Nicolas est
très surpris de cette décision unilatérale car lui souhaite justement marcher demain et François également ! Il y a donc possibilité de s’organiser correctement pour que chacun y trouve son
compte : Elise et Sylvain pourraient être autonomes dans le van, et Nicolas et François pourraient de ce fait marcher sans se soucier du véhicule logistique. Pour ne brusquer personne nous
décidons tous d’en reparler ce soir.
Nous suivons de nombreuses routes bitumées,
et nous marchons autant que nous pouvons sur les bordures herbeuses. Finalement, nous n’avançons pas si mal, à tel point que parvenu au Pont du Roc, nous décidons que nous pourrons sûrement tenir
sans problème jusqu’au point d’étape : au bout d’un moment on marche sans plus penser à autre chose qu’à avancer… !
Didier et Sylvain marchent ensemble,
largement en tête. Comme toujours ils font des pointes à bonne allure, laissant loin derrière Isabelle et Soline qui doivent d’avantage écouter leur corps et gardent une marche modérée et
constante. Ce n’est pas bien grave, chacun a son rythme, et il n’y a pas de mal à marcher tranquillement en devisant, c’est l’occasion de moments de partages privilégiés ! Ceci dit,
l’émulation entre Sylvain et Didier fonctionne tant et si bien qu’ils accélèrent au point qu’Isabelle et Soline finissent par les perdre de vue ! Mais ce sont eux qui ont les cartes !
Allez, ce n’est pas grave, François est là pour les guider et les encourager. Il leur propose même de faire un pied de nez aux hommes en montant dans le van pour arriver les premières, mais elles
refusent : c’est qu’elles tiennent à faire le chemin jusqu’au bout, non mais !
Cependant, ça y est, nous sommes tous
arrivés ! Nous pouvons nous installer, prendre place dans le tipi où nous passerons la nuit : encore un lieu atypique pour dormir, c’est aussi le charme de cette aventure !... Et
puis les toilettes sèches, la douche solaire, c’est formidable, cela fait réfléchir et nous sommes tous séduits ! Mais la soirée ne fait que commencer et Bernard REMIGEREAU nous a conseillé,
si l’envie nous en dit, d’aller vers 21h voir la route submergée du Havre de la Vanlée : nous y passerons en effet demain à pieds secs, et c’est une des rares occasions dans l’année, en
raison des grandes marées, de la voir entièrement recouverte d’eau une douzaine d’heures avant notre passage. Bien sûr que nous sommes intéressés !
Nous profitons des commentaires de notre hôte
qui nous explique le phénomène naturel qui régit les salines et les prés-salés en ce lieu classé depuis 1988. Nous profitons et nous admirons les reflets sur l’eau, les lumières changeantes de la
tombée de la nuit… Nous nous amusons de l’absurdité de la signalisation routière à ce moment-là, de Nicolas qui fait le pitre en se découvrant un petit Torneirieland, etc. Chacun laisse également
ses pensées voguer au fil du courant devant tant de paix et de beauté. La fraîcheur du soir se manifeste peu à peu, et finalement la station debout laisse les douleurs corporelles se manifester
progressivement. Soline et Isabelle étaient fières d’être allées au bout de la journée de marche en endurant courageusement l’effort, mais là, c’est leurs articulations et leurs muscles qui se
rappellent à elles ! Elles n’aspirent plus qu’à une chose finalement, rentrer au chaud et s’allonger…
Nous entamons notre
marche. Il pleut encore un peu mais cela semble en bonne voie. Nous quittons vite la route pour prendre les chemins, pour notre plus grand plaisir. Bien sûr, le sol est un peu boueux à cause de
la journée d’hier et de la pluie était tombée durant le mois de mai, les flaques sont nombreuses à éviter, mais nous n’allons tout de même pas nous arrêter pour si peu ! En fait, c’est sans
penser au territoire que nous sommes en train de parcourir : nous sommes en plein cœur des marais du Cotentin !! Et les flaques s’agrandissent ostensiblement… Nous devons de plus en
plus faire des acrobaties pour marcher sur les bords afin de les éviter.
A peine deux secondes pour se poser la question, refaire le chemin dans le sens
inverse en remarchant dans la boue, les orties, etc. ou bien avancer, tant pis… ? Et c’est parti, un pied, deux pieds, ça y est, de l’eau au-dessus des chevilles, oh bigre ! c’est
froid, c’est glauque, et c’est mou sous les pieds, savant mélange d’eau, de vase, de terre et de lisier, les hautes herbes freinent un peu la marche, il faut faire de grandes enjambées, six,
sept, huit, et hop, nous revoici presque au sec… enfin… en théorie, car toujours dans la boue et les chaussures pleines comme des bassines !!! Ce n’est pas grave, on continue,
« courage » se dit-on en nous-mêmes, c’est aussi ça le Chemin, une pensée pour les pèlerins du Moyen Age et d’autres temps qui ont du connaître cela eux
aussi… !
Nous voici enfin devant le panneau d’entrée du domaine du Manoir de la Foulerie qui nous
accueille gracieusement ce soir : Michel et Sylvie ENOUF nous mettent en effet à disposition des caravanes pour y passer la nuit au chaud et au sec, avec tout le confort juste à côté, ce
sera un vrai bonheur ! Nous traversons l’entrée et nous nous dirigeons vers la réception afin d’y être accueillis par le cuisinier de la crêperie du Manoir : un monsieur très actif et
dynamique qui nous salue avec entrain, nous annonçant ce qui est prévu pour nous souhaiter la bienvenue : visite de M. le Maire, présence d’un journaliste, et surtout cocktail de bienvenue
préparé par ses soins à la demande de M. ENOUF, dans le salon du magnifique Manoir qui domine la cour principale ! Petits canapés au boudin de Normandie, et dégustation d’une boisson nommée
« Grand Bleu » sont au programme, hmmm… Nous tombons de fatigue, mais nous sommes touchés de tant d’attention ! Ceci dit, aïe, si le journaliste vient à 18h, nous devons rester en
tenue jusqu’à ce moment-là… et garder nos chaussures !? Mais devant tant de gentillesse, nous acceptons rapidement cet effort. En attendant le maître des lieux, on nous installe dans la
salle de la crêperie, et le cuisinier nous apporte de quoi nous rafraîchir, des boissons chaudes, etc. Nous sommes là comme des rois, nous qui apprenons chaque jour l’humilité (oui, et l’humidité
aussi, il vaut mieux en rire !). Nous prévenons François et Nicolas afin qu’ils ne soient pas en retard pour la petite réception, et nous prenons enfin un vrai moment de détente et de repos…
Elise, épuisée physiquement et moralement après l’épreuve de la journée, tombe de sommeil sur la table.
Nous avons l’agréable surprise de trouver dans le salon une affiche avec un mot de
bienvenue à notre attention, pèlerins en voyage vers Compostelle, en étape vers le Mont St Michel. Et devant la cheminée monumentale, c’est à notre santé que l’on boit et que l’on régale les
papilles ! C’est délicieux, succulent, hors du temps pour nous qui mangeons à la mode du XVe s. midi et soir. Et c’est un bon moment que nous passons là, à évoquer notre projet, sa
naissance, son déroulement, nos rêves, etc. Il y a même un ami d’Isabelle et Didier qui arrive pour se joindre à nous : il nous a trouvé tout seul, personne ne lui avait dit que nous étions
là ce soir, là !
Nous rejoignons nos caravanes qui nous attendent sous un hangar. Elles sont petites et
charmantes, parfaites pour y passer une excellente nuit. Et il y a un grand espace avec tout ce qu’il faut pour se laver, nettoyer, cuisiner, etc. C’est formidable ! Nous nous installons
confortablement, pour profiter comme il se doit de ces lieux. Mme ENOUF a la gentillesse de passer pour nous demander si nous avons du linge à faire sécher : merci encore ! Nous voici
établis pour une excellente soirée régénérante… Nicolas en profite pour refaire la cire de l’intérieur de la gourde en cuir rouge de Soline afin qu’elle puisse en tester l’efficacité demain,
chacun s’occupe de ses pieds, lave à grande eaux chausses et chaussures. La soirée s’écoule paisiblement, nous espérons la nuit de même, demain sera un autre jour…
Enfin parvenus au rivage, c’est sous le crachin que nous commençons à longer la côte. La luminosité est étrange, très blanche, éblouissante, et l’eau, le ciel et le sable prennent la
même couleur de pâle grisaille … Un désert humide, à ne plus distinguer les éléments. Nous marchons contre la pluie qui, de légère, s’intensifie peu à peu… Lorsque nous arrivons au point où nous
devons reprendre la route, les plus résistants et courageux n’y tiennent plus, nous enfilons tous nos capes ou cuculles, afin de ne pas trop mouiller nos vêtements ! Nous espérons que ce mauvais
temps va partir avec la prochaine marée, que nous attendons de ce fait avec impatience !...
Nous retrouvons la plage après la route, mais nous avons déjà quelques lieues dans les pieds et les jambes, et ce, sous la pluie… Ah tiens ? Mais ne serait-ce pas le soleil qui
pointe ? La marée va-t-elle, comme nous l’attendons, nous porter chance ?! C’est en tous cas finalement au sec que nous allons nous arrêter pour manger ce midi. Nous trouvons asile sur
un terrain suffisamment sec pour déchausser si nous voulons et mettre nos pieds à sécher pour certains, quel réconfort ! Mais ? Oh non, dites-nous que ce ne sont pas des gouttes de
pluie qui recommencent à retomber ! Car si la pluie reprend maintenant, c’est que nous en aurons pour toute la durée d’une nouvelle marée ! Nous tenons tête à la météo pour finir de manger
et garder le plus possible nos pieds à l’air et au sec. Elise fait aussi vite qu’elle peut pour se soigner avant de remettre ses chaussures, Soline cache ses pieds sous ses cottes comme elle
peut, mais c’est finalement l’eau qui gagne…
Nous sommes silencieux sous la pluie. Nos pieds souffrent des nombreux passages sur macadam, nous devons contourner le havre de Surville, cela nous semble long et nous devons marcher
le long d’une route sans concessions pour les piétons. La marche dans les hautes herbes sur le bord de ces voies est notre obsession, mais en même temps, la pluie gorge le cuir de nos chaussures,
les emplit, noyant nos pieds. Heureusement, l’énergie de la marche fait que nous ne souffrons pas du froid de l’eau ! Nous passons par de jolis lieux également, mais notre moral à la baisse
nous empêche de les apprécier pleinement, et nous nous concentrons sur l’effort. A tel point que Didier, souffrant de son ampoule, ayant de plus en plus de mal à repartir après chaque arrêt,
puise dans ses dernières ressources pour se donner un coup de fouet et accélèrer le pas, nous laissant impuissants derrière lui dans notre peine à avancer. Le plus raisonnable pour le reste des
marcheurs, c’est alors de prendre un rythme de croisière pour s’assurer d’aller jusqu'au bout de l’étape ! C’est Didier qui a la carte, ceci dit, et nous ne savons donc pas où nous en sommes
du chemin et du lieu d’arrivée, cela nous frustre un peu, mais il faut bien continuer. Une chose est sûre, Didier ne nous fera pas faux-bond en ce qui concerne l’itinéraire et à chaque carrefour
il nous attend tout en conservant son avance.
Nous finissons par voir enfin le van, avec François et Nicolas ! Cela voudrait-il dire que nous ne sommes plus si loin ?! En effet nous sommes près du but et François repère
pour nous, dans les petites routes de campagne du hameau, le chemin le plus court. Courage, courage ! La pluie s’est encore intensifiée, l’averse ne nous épargnera pas pour les dernières
centaines de mètres. Elise marche comme un automate, elle ne s’arrête plus de peur de ne pas pouvoir repartir, pour le peu qu’il reste à faire. Nous nous trompons de chemin, les 100 m d’erreur
nous paraissent presque 10 km, mais nous luttons. Soudain, le van, au bout de la rue, et Nicolas et François qui nous font signe, c’est l’entrée de la ferme de Gilles et Nadine COUEDEL chez qui
nous allons passer la nuit. Il ne nous reste plus à parcourir que la longue allée menant à la maison… Elise est tellement dépitée face à ses chaussures pleines d’eau qu’elle fait les derniers
mètres en sautant à pieds joints dans les flaques d’eau en riant, après tout les nerfs craquent comme ils peuvent, et l’humour est tout de même le meilleur moyen ! Quant à Soline, elle
réalise qu’elle marche depuis certainement un bon moment « à côté de » ses talonnettes : elles ont avancé jusque sous la voûte plantaire à cause de l’eau, un bon moyen pour se
faire des ampoules !
Nadine COUEDEL arrive, puis son époux Gilles, pour nous saluer et vérifier que tout va bien. Nos équipements trempés les inquiètent un peu et ils nous proposent gentiment de nous
prêter un système de chauffage au gaz pour que nous essayions de faire sécher un peu mieux nos chaussures. Mille mercis pour ce geste !
Tiens, mais François nous attends près de l’église ! Les randonneurs que nous
avions doublés sur la plage sont déjà là eux aussi, à nous invectiver avec humour ! Ils ont pris un raccourci, et n’ont pas discuté, eux ! Le moment est simple et convivial. L’église est
magnifique, dans sa rudesse de granit, et elle nous tend les bras. Nous y entrons pour aller saluer la statue de St Jacques qui semblait nous y attendre… Presque grandeur nature, il ne lui manque
que sn bourdon. Peut-être un pèlerin désarmé lui a-t-il un jour emprunté ?...
François arrive entre temps, nous lançant sur la quête, autour de l’église, d’une
pierre tombale d’un pèlerin du XVIe s. sur laquelle on peut voir encore un bourdon et une besace. Nous nous égayons tous dans le cimetière, mais non ! Elle est près de la grille d’entrée, à la
verticale… ! Nous en profitons aussi pour aller visiter l’église, parée de magnifiques fresques des Quatre Evangélistes aux couleurs pastel, qui décorent la voûte du croisillon nord depuis le
XVIe s.…
Mais voici les invités qui arrivent, il est donc déjà l’heure ! Que le temps de repos
passe vite ! Et pour cette soirée, comme promis lors des premiers contacts, quelle fête les habitants de Denneville, membres de l’Amicale, nous font !!... Nous en sommes touchés et surpris ! Ils
nous Accueillent avec un grand A, pour un repas en commun après nous avoir gentiment laissé le temps de nous reposer, tous les membres de leur association amenant quelque chose pour le banquet,
qui à manger, qui à boire. Les tables sont parées de nappes, décorées, on nous installe à la place d’honneur, pour présider ce repas, et chacun viens, avec simplicité, nous dire un petit mot,
nous demander des explications, etc.
Mais il nous faut également être en forme demain pour reprendre le route, aussi la
veillée se termine, tous repartent peu à peu, nous remercient, nous encouragent. Ils repartent non sans avoir signé un petit livre d’or préparé par Daniel LEMOINE à notre attention, y ayant tous
mis un petit mot d’amitié que nous conserverons précieusement. Ils nous laissent également des victuailles pour nos repas du lendemain, et c’est avec émotion qu’ils nous abandonnent à notre nuit
de repos… Mille mercis à vous tous !
Et soudain, premier panorama sur la mer ! Une bouffée d’émotion, un grand bol d’air,
on se sent d’un seul coup fouetté par un regain d’énergie ! Amples sous le regard, le sable s’étend en contrebas du chemin et la mer se déploie sous le ciel bleu, semblant appeler nos pieds…
Patience on arrive !
La plage de Sciotot est immense, mais il en sera ainsi de toutes les plages de cette
côte Ouest de la Manche que nous allons parcourir presque dans sa totalité. Marcher sur le sable, à marée basse, avec un vent léger, quel bonheur… ! Et puis, ne sont-ce pas des coques que nous
voyons là à nos pieds, parmi tous les autres coquillages ? L’occasion est trop belle, nous en profitons pour ramasser chacun la coque, symbole du Miquelot au même titre que la coquille est celui
du Jacquet, qui nous accompagnera jusqu’au Mont St Michel. Et puis ce coquillage ! Qu’il est beau ! Et celui-là ? Les escarcelles et les besaces pèsent quelques grammes de plus à chaque mètres
parcourus… !
Ah quel plaisir, pas un dénivelé, pas une secousse dans les articulations, la plage
dégagée est décidément le lieu idéal pour marcher notre Chemin sans souci pour les pieds ni les chaussures… si ce n’est la résurgence d’eau douce qui vient se jeter dans la mer et qui,
sournoisement, sans prévenir, nous coupe la route. D’un seul coup c’est moins sec ! On fait comme on peut, on tente de trouver un passage au sec, un saut, deux sauts, on contourne, on commet
quelques erreurs tactiques, et voici que l’eau est parvenue à mouiller quelques pieds malgré les chaussures montantes. Elise, chaussée de ses petits souliers bas, a quant à elle bien vite vu
qu’elle ne pourrait pas passer au sec. Elle choisit donc de déchausser, et finalement, donne quelques frustrations aux autres de ne pas pouvoir comme elle profiter de la douceur du sable sous ses
pieds !...
Nicolas et Didier sont partis en avant pour voir si le chemin qui nous
tente est vraiment praticable, et ils se rendent compte qu’il reste beaucoup de rochers à parcourir pour contourner la pointe, et que, la mer remontant, nous risquerions de nous trouver coincés
par l’eau. Ils remontent donc vers le chemin, mais l’accès en est maintenant moins facile, et il faut escalader la pierre plate et humide, glissante de glaise par endroits, pour retrouver le
chemin… Nicolas passe le premier et parvient au sommet, Didier le suit, mais par un autre accès, moins facile encore, et manque de glisser dangereusement. Il met quelques minutes à retrouver une
prise correcte pour se hisser, mais il y parvient quand même ! Ouf, ils ne seront pas trop de deux pour aider les femmes, dont les robes ne sont pas forcément idéales pour l’escalade… ! Sylvain
ferme la marche, sans problème. Nous pouvons maintenant rependre le chemin…
Plus les kilomètres passent, moins nous parlons. Certains se concentrent sur leur
douleur, d’autres sur l’énergie à puiser, et ceux qui voudraient parler n’ont plus d’interlocuteurs. Quelques tensions, dues à la fatigue, ne facilitent pas les choses… Nous sommes à la peine.
Mais quand Diable arriverons-nous !!?
Le réveil sonne, tout le monde sur le pont ! Notre courte nuit aura-t-elle suffit à nous mettre en forme pour cette première journée ? Nous le saurons ce soir : pour le moment, nous
sommes dans l’effervescence du premier départ… ! Chacun gère cela comme il peut et personne ne s’organise de la même manière, les uns petit-déjeunent (hmmm… merci aux parents de Laurence pour la
brioche du Vast !) pendant que d’autres s’occupent de leurs vêtements, ou préparent leur matériel, etc. Il va falloir que tout se rôde, si l’on veut gagner en efficacité le matin, mais nous
sommes optimistes : le temps va nous y aider forcément.
Nous traversons l’agglomération cherbourgeoise, les badauds s’étonnent de
notre tenue mais ils ont l’air plutôt content de nous rencontrer et nous interrogent. Ils sont nombreux à nous souhaiter bonne route ! Mais la ville s’éloigne peu à peu, les maisons se font moins
nombreuses et nous voici aux limites de la cité, avec notre première émotion : le premier panneau « Chemin de St Michel », sous lequel Isabelle, Didier, Elise, Sylvain et Nicolas prennent la
pause en s’amusant, pour une image souvenir. Nous nous élançons alors sur nos premiers chemins de campagne…
Soudain, une rivière à traverser, nous
serions-nous justement trompés ? Et non, en fait le chemin EST une rivière, et ceci sur quelques mètres, sûrement en raison d’un détournement de son lit. Nous restons un peu perplexes, mais
heureusement, avec quelques acrobaties, de grosses pierres judicieusement placées dans le cours d’eau nous permettent de passer au sec ! Nous continuons notre avancée, et nous voici sur une route
qui grimpe, petite suée de fin de matinée Mais subitement… « Tiens donc, ne serait-on pas déjà passé par ici ? » Mais oui ! Nous nous sommes en fait un peu perdus, et nous venons de faire une
petite boucle supplémentaire… Les pieds ne disent déjà plus merci !!
Tandis que nous remettons nos hottes et
besaces sur notre dos, nous nous apercevons que François a oublié de remettre l’escabelle dans le véhicule !!! Pas d’autre solution que de l’emmener et la redonner à François lorsqu’il repassera
près de nous après être allé faire des courses. Nicolas va donc la porter pendant 2 heures sur son dos, puisque, têtu, il ne veut pas que l’on partage entre nous les morceaux, pourtant en chêne !
Lorsque nous recroisons enfin François, nous lui déposons l’escabelle, puis une petite liste de courses « pharmacie » , avant de reprendre la route.
C’est un accueil chaleureux que nous trouvons
chez M. TOULORGE, tout d’abord avec sa fille qui nous offre de nous désaltérer (nous sommes d’ailleurs dans un tel état de fatigue, et on nous propose tant de boissons au choix, que nous en
restons presque muets et indécis !), et de nous poser tranquillement sur la terrasse, dans ce cadre merveilleux et serein. Cette ferme n’est plus en activité, M. TOULORGE est depuis longtemps à
la retraite, et il y règne une ambiance de petit manoir anglais, douillet, verdoyant, avec un jardin simple et luxuriant. April la gentille chienne n’est pas en reste non plus pour nous faire la
fête ! Nous ne nous attendions pas à un tel accueil, et cela nous fait chaud au cœur…
On nous indique le grenier de la belle grange
en pierre, on nous y a installé une échelle de meunier pour y monter confortablement, elle a été fraîchement balayée, et équipée d’une lampe par le maître des lieux : ce sera parfait, un vrai
palace que l’on nous met à disposition gracieusement ! Nous y installons nos couchages, nous sortons nos affaires du van, nous commençons de cuisiner… Flocons d’avoine, oignons et lard rissolé
pour une bonne potée reconstituante… Hmmm…
